#186 De retour de notre tour dans la région brumeuse d'Hakone, nous revenons dans notre même petit hôtel. Clémence arrive à contacter ses parents par Skype. C'est l'émotion ! Bientôt le grand retour ! Nous allons acheter des cadeaux dans les magasins de restaurants pas loin de l'hôtel. Ils vendent des faux plats cuisinés en plastique, pour mettre en vitrine des restaurants, et aussi des enseignes. Des affiches, des panneaux en bois, de la vaisselle... Ce sont des bazars où l'on trouve un peu de tout. Nico trouve un petit éventail représentant un samuraï, accroché à une branche, qui décorera notre étagère à côté du bateau en roseaux du lac Tititcaca. Nous achetons aussi des poupées en bois, les kokechi. Celles-ci étaient faites par les artisans avec leurs chutes. Ils taillaient un corps et une tête dans un bout de bois. On trouve aussi les "nekokechi", jeu de mots avec "neko" = chat, poupée à tête de chat. Il y a enfin les tanuki, des statues porte-bonheur :  (Mode d'emploi : frotter au bon endroit pour se faire des couilles en or...) * * * Le soir avant le départ, Nico va au Blue Note, voir le batteur de jazz Roy Haynes, 85 ans au compteur, un beau crâne luisant comme un bonze devant ses percussions, qui joue avec son groupe Fountain of Youth. Des musiciens qui pourraient être ses petits-enfants, et qui n'ont pas autant de pêche que lui ! Roy Haynes a commencé sa carrière en 1944, et depuis a joué avec des dizaines et des dizaines de légende du jazz, dans tous les styles. La fontaine de jouvence ne s'est toujours pas tarie, Roy "envoie" toujours autant sur les cymbales et les percussions. C'est lui qui mène le jeu, même le saxophoniste n'a l'air d'être là que pour l'accompagner. Son jeu à lui et aux autres est plaisant, mais finalement assez sage, comparé à celui de Haynes, qui donne tout ce qu'il a et se dépense comme s'il n'y avait pas de lendemain pour lui. Et c'est comme ça depuis soixante ans !  Belle dernière soirée. Le lendemain matin, nous quittons notre chambre minuscule d'Okachimachi Station, notre quartier et nous décollons pour Londres... Nous n'avons pas vu le temps passer... 7 mois et c'est déjà fini... C'est effrayant à quel point le temps a passé vite. Nous nous en doutions en partant mais c'est on ne peut plus vrai. Par contre, en y réfléchissant, le départ nous semble très loin. Chaque jour passe en fait très vite, mais étrangement, ces jours "courts" font un séjour qui a l'air très long. C'est étrange. C'est presque comme si on était parti hier mais qu'hier était très loin... Les journées passent à cent à l'heure, mais comme elles sont bien remplies, au bout du compte, le voyage paraît long. Mais court quand même. C'est un peu comme dans un rêve, ou bien c'est le contraire. Un rêve semble parfois durer longtemps alors que le sommeil paradoxal ne dure en fait que quelques minutes ; le voyage, c'est plutôt : ça a l'air court mais en réalité, c'était long. Bref, si on ne se perd pas dans l'espace, on finit par se perdre dans le temps. A méditer pour la prochaine fois ! Malgré ses 11 heures, le vol de retour ne paraît pas si long, l'habitude maintenant des trajets de longue durée (et de durée imprévue !). Arrivée à Londres, transfert jusqu'à la gare de Saint Pancrace. Pas le temps d'aller voir le 221b, Baker Street ni le Reform Club, le club de Phileas Fogg dans le Tour du monde en 80 jours. Pause en attendant l'Eurostar. Nico va faire un tour pour acheter un sandwich. Puis passage de la frontière, avec les douaniers britanniques mal aimables, et les douaniers français encore plus antipathiques... Le choc du retour, là, pas de doute, c'est fini, bien fini, on est de retour à la maison ! Bienvenue en France ! Gare du nord, la famille de Clémence est venue nous chercher. Nous traversons Paris de nuit... Les boulevards, la Seine, le périphérique... Finalement, être à Paris, ce n'est pas si différent d'être dans le reste du monde. Fin ?...
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